Temple d'Isis à PhilaeLes quelques deux mille temples égyptiens possédaient de vastes domaines et constituaient un secteur important de l'économie. Les plus riches et puissants étaient ceux des capitales royales, comme Memphis et Thèbes. Les temples recevaient une dotation du roi et disposaient du revenu de leurs terres et de leurs troupeaux, ainsi que de donations privées.

Pendant la basse époque, le roi Apriès (589-570 av. J.-C.) offrit au temple de Ptah, à Memphis, la jouissance perpétuelle et sans impôt de tout un district, avec ses terres, ses habitants et ses bêtes. D'après le grand papyrus Harris, qui énumère les dons faits aux temples par Ramsès III, à peu près un tiers de toute la terre cultivable d'Égypte leur appartenait. En échange de la protection royale, les temples garantissaient l'origine divine de l'autorité du roi pendant sa vie et perpétuaient son culte après sa mort. À l'occasion, ils constituaient même une source de revenu pour les coffres de l'État.

Leur indépendance économique et politique était fonction de celle du gouvernement central. Lorsque le pouvoir royal était mince, comme vers la fin du Nouvel Empire, la puissance des prêtres augmentait en proportion. Parfois même ils étaient en mesure de le défier : ce fut le cas des grands prêtres d'Amon, à Thèbes, dans les dernières années de la XXe dynastie.