Pharaons !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Abou Simbel

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 8 décembre 2011

La Nubie et le Lac Nasser

Le Lac Nasser

Immense lac artificiel, le lac Nasser est né de la construction du Haut Barrage à Assouan dans les années 60. Long de 500 km et large de 10 à 30 km , il s’étend sur 350 km en Nubie Egyptienne et sur 150 km en Nubie Soudanaise. Il a englouti la Basse Nubie et les temples nubiens étaient menacés de disparaître à jamais. Une vaste opération internationale est alors lancée par l’Unesco pour sauver ce témoignage de l’antiquité. Le miracle a lieu et une vingtaine de temples sont démontés. Certains monuments sont déplacés au sud d’Assouan, d’autres sont donnés par l’Egypte aux pays qui ont participé à cet immense chantier. A l’exception de Kalabsha et d’Abou Simbel, le seul moyen d’atteindre les temples nubiens déplacés est d’effectuer une croisière sur le Lac Nasser qui permet de vivre une expérience rare en découvrant ces monuments sauvés des eaux et à nouveau accessibles aux touristes.

Abou-Simbel

Abou SimbelA 300 km au sud d’Assouan, au coeur de la Nubie, presque à la frontière avec le Soudan, Abou Simbel est très certainement l’un des sites les plus grandioses et les plus impressionnants de l’Egypte. Les deux temples, œuvre de Ramsès II, ont été surélevés de 65 m et restent le symbole de l’œuvre gigantesque de sauvegarde des monuments nubiens par l’Unesco. Le pharaon Ramsès II édifia le grand temple à sa propre gloire vers 1260 avant J.C. à l’occasion d’une fête jubilaire et dédia le petit temple à son épouse bien-aimée, Néfertari qui prend la forme de la déesse Hathor, la déesse de l’amour. L’intérieur du grand temple creusé directement dans la montagne est décoré de sculptures, de fresques et de bas reliefs exceptionnels. La façade haute de 31 mètres présente quatre statues colossales de Ramsès II. Des siècles durant, les temples restèrent ensevelis dans les sables et l’oubli jusqu’à ce qu’en 1813, Johann Ludwig Burckhardt, un orientaliste suisse, ne les découvre. Le site est accessible maintenant par la route, l’avion ou lors d’une croisière sur le lac Nasser.

Amada

Sauvé des eaux grâce à l’Unesco lors de la construction du Haut Barrage, le temple d’Amada qui se trouve à 205 km au sud d’Assouan se visite lors d’une croisière sur le lac Nasser. Il a été déplacé de 2,5 km et surélevé de 65 m. Edifié par Thoutmosis III, Aménophis II et Thoutmosis IV en l’honneur d’Amon- Râ, il a été transporté en une seule fois ne pouvant être démonté du fait de ses très belles fresques et de ses sculptures.

Beit El-Wali

Déplacé de 50 km au moment de la construction du Haut Barrage dans le cadre de la vaste opération de sauvetage mise sur pied par l’Unesco, le temple de Beit El Wali, creusé dans le roc, a été transporté à l’entrée du Haut Barrage. Il a été construit par Ramsès II et conserve de belles fresques colorées évoquant les victoires du pharaon sur les Assyriens et les Libyens.

Dakka

Sauvé des eaux grâce à l’Unesco lors de la construction du Haut Barrage, le temple de Dakka qui se trouve à 160 km au sud d’Assouan peut se visiter lors d’une croisière sur le lac Nasser. Avant d’être déplacé de 40 km, il était construit d’une telle façon qu’il servait de repère pour établir le calendrier. Dédié à Thot, le dieu du savoir, le temple a été commencé sous le règne de Ptolémée Ier et la construction a été poursuivie par les Ptolémées et les Romains.

El Derr

Jadis sur la rive est du Nil en face du temple d’Amada, le temple El Derr a été déplacé de 10 km au nord en 1965. Edifié par Ramsès II, il est consacré à Hémispéos, le dieu levant.

Kalabsha

Près du Haut Barrage, a été reconstitué le premier temple nubien (composé de 13 000 blocs) à avoir été déplacé. Il s’agit d’un des plus grands et des beaux temples de la région d’époque gréco-romaine qui fut commandé par l’empereur Auguste en l’honneur du dieu nubien Mandoulis, avatar d’Horus.

Kasr Ibrim

A 230 km d’Assouan, se trouve le rocher de Kasr Ibrim jadis dominé par une citadelle qui permettait de surveiller la région. Une grande cathédrale dont il reste quelques arches fut construite à l’époque médiévale.

Kertasi

KertasiConstruit par les architectes de Philae, le kiosque de Kertasi d’époque gréco-romaine a été déplacé de 45 km près du Haut Barrage.

Maharakka

A 160 km d’Assouan, le temple de Maharakka d’époque romaine dédié à Isis et à Sérapis est resté inachevé.

Penout

Déplacé de 40 km, le tombeau excavé dans la roche de Penout, vice roi de Nubie sous Ramsès VI est dans un très bon état de conservation.

Wadi El-Sebou

A 160 km d’Assouan, le temple d’Amon-Râ fut reconstitué à 2 km de son lieu d’origine. Il fut bâti par un prince nubien en l’honneur de Ramsès II et doit son nom (vallée des lions) à l’allée de sphinx qui le précède.

lundi 5 décembre 2011

Le Temple d'Abou Simbel

Abou SimbelAbou Simbel est situé sur la rive gauche du Nil, à environ 850 km du Caire, près de la seconde cataracte et de la frontière avec la Nubie soudanaise. C'est ici que le célèbre explorateur et orientaliste suisse J. L. Burckardt, le découvreur de Pétra, la capitale des Nabatéens, repéra en 1813 un grand temple partiellement enfoui sous le sable : ce monument avait été construit par Ramsès II, le plus grand pharaon de la XIXe dynastie (1295-1188 av. J.-C.).

Un second lieu de culte, dédié à Hathor et à la reine Néfertari, épouse de ce même roi, avait été bâti non loin de là. En octobre 1815, le voyageur et antiquaire anglais William John Bankes visita Abou Simbel et pénétra dans le petit temple ; quant au grand, il avait presque complètement disparu sous les sables et on ne voyait plus que le buste d'une des quatre statues colossales du pharaon en majesté qui décoraient sa façade. En mars 1816, le consul piémontais Drovetti visita le site mais ne parvint à embaucher suffisament de main-d'oeuvre pour désensabler le monument, comme Bankes aurait aimé le faire.

Seul Giovanni Battista Belzoni, assisté des officiers de la marine anglaise Irby et Mangley, réussit, en un mois de travail, à déblayer la masse énorme de sable qui bouchait l'entrée du temple ; il y pénétra le 1er Août 1817. L'explorateur fut probablement déçu, car il ne trouva pas les trésors sur lesquels il comptait, mais il s'exalta à la vue de la beauté des bas-reliefs polychromes qui décrivent les campagnes militaires de Ramsès II en Syrie, en Lybie et en Nubie, et ne put qu'être impressionné par les piliers massifs de la salle hypostyle, couverts de représentations du pharaon. Pour rappeller l'événement, Belzoni et ses amis gravèrent leurs noms et la date d'ouverture sur le mur septentrional du sanctuaire. Avec ses 30 mètres de haut environ, et 35 mètres de large, la façade est directement taillée dans la masse du rocher, et quatre colosses de 21 mètres de haut y sont adossés : à côté de ces statues gigantesques, d'autres plus petites, en pied, représentent la reine Néfertari et plusieurs princes et princesses royaux.

A l'intérieur, après avoir franchi le vestibule, on pénètre dans la grande salle hypostyle dont le plafond repose sur 8 piliers osiriaques ; de là, on passe à une seconde salle hypostyle, plus petite, puis à un second vestibule qui conduit au sanctuaire ; là, dans une niche, on découvre 4 statues des dieux Ptah de Memphis, Amon-Râ de Thèbes, Râ-Horakhty d'Héliopolis et du pharaon lui même, déifié. Deux fois par an, les rayons du soleil traversent l'enfilade des salles et éclairent les statues du saint des saints. Entre 1964 et 1968, il a fallu, ici aussi, démonter les deux temples, les transporter à 200 mètres du site primitifs et les remonter de façon à les rehausser de 65 mètres.