Pharaons !

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jeudi 8 décembre 2011

La Vallée du Nil

Depuis l’Antiquité, les égyptiens se sont concentrés dans la Vallée du Nil qui offre au milieu du désert une étroite bande fertile de 10 à 15 km de large sur plus de 1000 km de long à l’exception du triangle du Delta d’environ 170 km sur 250 km. Artère vitale du pays, la Vallée du Nil est le berceau de la civilisation pharaonique où se trouvent les plus importants sites archéologiques. Elle se divise en trois zones : la Basse Egypte ou le triangle du Delta au nord, la Moyenne Egypte entre Le Caire et Assiout et la Haute Egypte au sud jusqu’au lac Nasser près d’Assouan. Dès l’antiquité, les égyptiens naviguent sur le Nil. Les blocs de granite ont descendu le Nil sur des bateaux depuis Assouan jusqu’aux pyramides. Les bateaux servent également à pêcher, à chasser et au transport des marchandises. Aujourd’hui, c’est sur un bateau de croisière que l’on apprécie le mieux les splendeurs de la Haute Egypte et le spectacle de la vie rurale sur les bords du Nil qui rappelle les fresques que l’on peut admirer dans les tombes des pharaons.

Assouan

AssouanAssouan, l’ancienne Syène , se trouve à 886 km du Caire, sur la rive droite du Nil et est la porte de l’Afrique au nord du lac Nasser. C’est là que prend fin la vallée du Nil et débute la Nubie. A l’intérêt historique et archéologique du site, s’ajoutent un climat exceptionnel très sec et des paysages d’une grande beauté qui font d’Assouan un lieu de séjour idéal. Les bateaux de croisière sur le Nil y jettent l’ancre. C’est aussi le point de départ pour une croisière sur le lac Nasser à la découverte des temples nubiens sauvés des eaux. Assouan est connu pour ses cataractes, ses îles, ses carrières mais aussi pour son marché aux épices et ses agréables promenades en felouque sur le Nil.

Le Haut Barrage : gigantesque ouvrage commandé par le président Nasser pour contrôler l’irrigation de la vallée, augmenter la surface des terres cultivables et permettre l’électrification de nombreux villages. Long de 4000 m, son épaisseur atteint 40 m et sa hauteur 110 m. C’est l’Union Soviétique qui apporta son aide financière et technique à ce projet. Le réservoir est constitué par le lac Nasser.

L’île Kitchener : immense jardin botanique, oasis florale au milieu du Nil, créé à la fin du XIX ème siècle par Lord Kitchener.

L’île Eléphantine : île verdoyante où se cachent un village nubien au milieu des palmiers, des ruines antiques, un nilomètre et un petit musée archéologique.

Le mausolée de l’Aga Khan : sur la rive gauche du Nil, en face d’Assouan, se dresse sur une colline le mausolée de l’Aga Khan, chef spirituel des Ismaéliens.

Le musée nubien : inauguré en septembre 1997, le musée des antiquités de Nubie accueille les vestiges d’une civilisation dont les terres ont été englouties par le lac Nasser.

L’obélisque inachevé : long de 42 mètres, il repose abandonné dans la carrière de granite rose, le fût présentant une fissure transversale.

Dachour

DachourLe site de Dachour qui vient d’être rouvert au public s’étend en bordure d’une palmeraie sur 3 km dans la prolongation sud de la nécropole de Saqqarah à 26 km au sud est de Guizeh. Le site comporte deux pyramides en pierre de la IVème dynastie, trois pyramides en briques crues de la XIIème dynastie ainsi que les vestiges de nécropoles et d’une ville de l’Ancien Empire. Une visite de ce site permet de visualiser l’évolution de la construction des pyramides avec la pyramide rhomboïdale et la pyramide rouge, toutes deux construites par le pharaon Snéfrou, le père de Khéops.

Denderah

Porte de DenderahSitué à 65 km au nord de Louxor, Denderah est l’une des plus anciennes cités religieuses d’Egypte : Tentyris. Ici régnait la déesse Hathor, la déesse de l’amour et de la joie. Commencé sous Nectanebo, le temple fut embelli et agrandi par les Ptolémées puis par les romains. C’est l’un des mieux conservés d’Egypte et il a la particularité de se trouver en pleine campagne. Il est célèbre pour sa salle hypostyle et ses chapelles richement décorées. Le site renferme également un lac sacré, le temple d’Isis construit par Auguste et une église copte construite probablement au Vème siècle.

Edfou

Situé à 109 km au sud de Louxor, à mi chemin avec Assouan, il ne reste de l’antique Apollinoplis Magna que le temple d’Edfou dédié à Horus, le dieu faucon. Edfou est l’un des temples les mieux conservés d’Egypte et le deuxième édifice en grandeur après Karnak. Le temple fut érigé par Ptolémée III sur un temple beaucoup plus ancien. Les romains le remanièrent et sa structure est presque semblable à celle de Denderah. Ensablé, il fut dégagé par l’égyptologue Auguste Mariette.

Esna

A 60 km au sud de Louxor, Esna, ville agricole, est née sur les ruines de Latopolis. On ne voit de l’ancienne cité qu’une partie du temple d’époque gréco romaine, dédié à Khnoum, dieu à tête de bélier. Seule, la salle hypostyle a résisté aux ravages du temps.

Kom Ombo

Kom OmboA 40 km au nord d’Assouan, sur la rive droite du Nil, se trouvait la ville de Nubit. Aujourd’hui, sur l’emplacement de l’antique cité ne se dresse plus que le superbe temple de Kom Ombo dédié au culte de deux divinités : Sobek, le dieu crocodile et Haroeris, le dieu à tête de faucon. Il fut commencé par Ptolémée VI et achevé au IIIème siècle. C’est un temple double qui possède deux entrées. Des momies de crocodiles ont été retrouvées dans une nécropole proche. L’arrivée par bateau est féerique car le temple surgit soudainement sur les berges verdoyantes du Nil.

Louxor

Sur les rives du Nil, à environ 675 km au sud du Caire, Louxor, ville pleine de charme, demeure une des étapes suprêmes de tout voyage en Egypte. La grande ville de Thèbes est durant des siècles capitale de l’empire égyptien, célèbre dans le monde entier. Elle est à l’apogée vers 1500 avant J.C. lors de la XVIIIème dynastie. Elle commence à décliner en 672 avant J.C. avec le saccage infligé par Assourbanipal, l’assyrien. Puis, la ville est presque abandonnée par les Ptolémées qui ont fait d’Alexandrie leur capitale. Durant les premiers siècles après J.C., des églises chrétiennes coptes puis des mosquées s’insèrent dans les ruines des temples. Au sud, grandit Louxor et au nord le village de Karnak. Aujourd’hui, c’est un immense musée à ciel ouvert avec les temples de Louxor et de Karnak sur la rive droite du Nil et sur la rive gauche, le monde des morts avec les tombeaux et les temples funéraires des pharaons et des nobles. Les Vallées des Rois, des Reines et des Nobles présentent à l’intérieur des tombes de superbes bas reliefs peints avec une grande finesse d’exécution et dont les couleurs sont restées intactes.

Colosses de MemnonLes colosses de Memnon : situées sur la rive gauche, les imposantes statues hautes de 18 m qui représentent Aménophis III semblent garder la nécropole thébaine. Elles marquent l’entrée du temple d’Aménophis qui n’existe plus aujourd’hui.

Deir El Bahari : dédié à la déesse Hathor, le temple funéraire de la reine Hatshepsout sur la rive gauche est unique car il est en partie creusé dans le roc et s’élève sur trois terrasses. Les lignes sont très pures et modernes.

Medinet Habou : à l’extrémité sud de la nécropole thébaine, se dresse l’ensemble monumental de Medinet Habou, le plus grand après Karnak. Il renferme principalement le grand temple funéraire de Ramsès III, l’un des mieux conservés et le plus célèbre dans l’antiquité. Les coptes s’y établirent au début de l’ère chrétienne.

Musée de Louxor : inauguré en 1975 sur les quais de Louxor, le musée de Louxor présente dans un cadre sobre et de façon claire des objets exceptionnels retrouvés sur les sites thébains. C’est un excellent complément à leur visite.

Palais d’Aménophis III : situé à Malgatta sur la rive gauche, le palais d’Aménophis III est le seul palais thébain connu à avoir été construit sur cette rive réservée aux morts pendant des siècles.

Ramesseum : en bas de la nécropole thébaine s’étend l’ensemble monumental du Ramesseum, érigé par Ramsès II pour son culte funéraire, l’une des plus belles constructions du site qui a malheureusement souffert au fil des temps. Ses proportions émerveillaient déjà les voyageurs de l’Antiquité. On peut y admirer notamment une gigantesque statue brisée de Ramsès II mesurant plus de 17 mètres, gisant au sol.

Temple de Karnak : l’immense temple de Karnak est situé à environ 3 km au nord du temple de Louxor. Il ne s’agit pas d’un seul temple mais d’un gigantesque et impressionnant complexe architectural comprenant une multitude de temples, de colonnes et des statues dont la majeure partie fut construite sous le Nouvel Empire. En fait, pendant plus de 2000 ans, chaque pharaon a voulu sanctifier à sa façon le dieu Amon, maître du lieu. L’impressionnant spectacle son et lumières évoque les splendeurs des pharaons et les différentes étapes de Karnak.

LouxorTemple de Louxor : seul témoignage important du passé à Louxor, le temple fut construit par Aménophis III, agrandi par Thoutmosis III et terminé par Ramsès II. Il est situé en plein centre-ville au bord du Nil. A l’entrée, se trouve le fameux obélisque dont le jumeau fut offert par Mehmed Ali au roi Louis Philippe et se dresse sur la place de Concorde à Paris. Le temple dédié à Amon ne servait qu’une fois par an quand le dieu Amon quittait le temple de Karnak pour aller rejoindre son épouse Mout dans le temple de Louxor lors de la fête d’Opet, le nouvel an.

Temple de Séthi 1er : temple funéraire de Séthi 1er, celui ci est sans doute l’un des plus beaux du Nouvel Empire. Le pharaon le construisit sur la rive gauche pour Amon et pour son père Ramsès Ier. Il a été achevé par Ramsès II à la mort de son père.

La Vallée des Nobles : située sur la rive gauche, la nécropole des hauts dignitaires du Nouvel Empire renferme plus de 450 tombes dont les décorations aux couleurs d’une étonnante fraîcheur fournissent de précieux renseignements sur la vie quotidienne dans l’Antiquité Égyptienne.

Vallée des RoisLa Vallée des Reines : située à l’extrémité sud de la nécropole thébaine sur la rive gauche, la Vallée des Reines abrite les sépultures d’épouses royales et de princes des XIXème et XXème dynasties dont celles de Néfertari et Touy.

La Vallée des Rois : située sur la rive gauche, la Vallée des Rois abrite plus d’une soixantaine de tombes datant des XVIIIème, XIXème et XXème dynasties. Les tombeaux de la Vallée des Rois profondément creusés dans le roc, offrent une démonstration saisissante des extraordinaires talents artistiques et architecturaux de la civilisation pharaonique. C’est là en 1922 que le tombeau du pharaon Toutânkhamon avec ses merveilleux trésors fut découvert par les archéologues britanniques lord Carnavon et Howard Carter. La sécheresse du climat désertique a admirablement conservé les décorations peintes des tombes qui évoquent la vie dans l’au-delà.

Memphis

De la très ancienne capitale de l’Ancien Empire, Mennof Rê, appelée Memphis par les Grecs, qui s’étendait sur 15 km de Guizeh à Saqqarah, il ne reste que peu de traces. Son déclin a commencé avec la création d’Alexandrie, la nouvelle capitale. En 391, l’édit de Théodose ordonne la fermeture des temples. La destruction de la ville commence et les conquérants musulmans utilisent les pierres des monuments pour construire leurs palais et leurs mosquées. Sur ce site, deux colosses de Ramsès II ont été découverts. L’un d’eux est exposé sur place, l’autre se trouve sur la place de la gare au Caire, la place Ramsès.

Philae

PhilaePerle de l’Egypte, le temple de Philae a été sauvé des eaux avec l’aide de l’Unesco lors de la construction du Haut Barrage. Son déplacement sur une petite île ajoute du charme à la beauté de son architecture. Les monuments de Philae sont relativement tardifs, les premiers datent des derniers pharaons au IVème siècle avant J.-C., et les derniers de l’époque romaine en passant par les Ptolémées grecs. Le temple principal est consacré à la déesse Isis. Le spectacle son et lumières de Philae écrit par André Castelot permet de revivre sous la nuit étoilée, les mystères d’Isis ainsi que les dernières grandes heures de l’Egypte pharaonique.

Pyramides de Gizeh

Pyramides de GizehLes plus célèbres des pyramides d’Egypte se dressent à Gizeh à 17 km du Caire, à la limite du désert, sur un plateau rocheux que les pharaons de la IV ème dynastie choisirent pour nécropole . La Grande Pyramide du roi Khéops, la plus haute et la plus ancienne est la seule des sept merveilles du monde antique qui nous soit parvenue. La pyramide de Khéphren a conservé une partie de son revêtement en calcaire. La pyramide de Mykérinos est la plus petite des trois. Autour des pyramides s’étend une vaste nécropole avec les petites pyramides des reines et les tombes de hauts fonctionnaires et de prêtres. Non loin de là, se trouve le temple de la vallée de Khéphren et la statue monumentale du Sphinx qui représente un lion couché dont la tête est à l’effigie du pharaon. Le spectacle son et lumières avec effets spéciaux, laser et texte d’André Malraux est tout à fait saisissant.

Saqqarah

SaqqarahLa plus vaste nécropole royale et civile de l’Ancien Empire s’étend sur 8 km de long et 2 km de large à l’ouest de Memphis et à 40 km au sud du Caire. Elle abrite la célèbre pyramide à degrés du pharaon Djéser construite par l’architecte Imhotep. C’est la plus ancienne pyramide et pour la première fois, la pierre est utilisée. Saqqarah, c’est aussi de nombreux tombeaux de dignitaires égyptiens décorés de bas reliefs peints qui ont fourni une inépuisable source de renseignements sur la vie quotidienne en Egypte au temps des pharaons.

lundi 5 décembre 2011

Le Temple d'Horus à Edfou

Temple d'Horus à EdfouSituée sur la rive gauche du Nil, non loin de l'eau, Edfou (d'abord Djebaou, puis Atho en copte) était, du temps des pharaons, la capitale du second nome de Haute Egypte. Les Grecs, qui avaient identifié Horus avec Apollon, l'appelaient Apollonis Magna. Son importance est attestée dès les premières dynasties, comme siège du culte du dieu faucon Horus.

C'est pour vénérer ce dernier qu'en 237 avant J.-C. Ptolémée III Evergète fit élever un temple sur les ruines d'un autre monument plus ancien. Les travaux se poursuivirent sous Ptolémée IV Philopâtor, la salle hypostyle fut achevèe pendant le régne de Ptolémée VIII Evergète II, en 124 avant J.-C., et les décorations terminées sous Ptolémée XII Néos Dionysos, en 57 avant J.-C., c'est-à-dire 180 ans après l'ouverture du chantier.

Le temple, dédié à Horus, sa femme Hathor et leur fils Horsomtous, englobé dans une vaste enceinte sacrée, actuellement enfouie sous les maisons, n'est pas orienté est/ouest, comme la plupart des autres sanctuaires, mais vers le sud, ce qui s'explique peut-être par la forme du terrain ; on y accède par un grand pylône, suivi d'une cour à colonnade qui conduit vers une salle hypostyle. A partir de celle-ci, on pénètre dans la salle des offrandes, prolongée par un vestibule qui débouche enfin sur le saint des saints, la partie la plus profonde du temple où trône un magnifique naos en granit, datant du règne de Nectanébo II et qui, à l'origine, contenait une statue à l'effigie du dieu.

De part et d'autre de cet axe central s'ouvre une multitude de chambres dont chacune avait une fonction bien précise, décrite par les innombrables textes qui tapissent les murs et qui font d'Edfou une véritable bibliothèque gravée sur pierre.

Le second édifice d'Edfou, est un de ces petits temples nommés Mammisi (lieu d'accouchement), que l'on construisait toujours à côté de tous les grands temples où une divinité était adorée. C'était l'image de la demeure céleste où la déesse avait enfanté le troisième personnage de la triade, qui est toujours figuré sous la forme d'un jeune enfant. Le Mammisi d'Edfou représente ainsi la naissance et l'éducation de Horsomtous, fils d'Horus et d'Hathor.

Ce temple est encore aujourd'hui un des plus grands et des mieux conservés de toute l'Egypte, et le site a fait l'objet de fouilles au XIXième siècle, menées par Auguste Mariette, alors directeur du Service des Antiquités.

Edfou selon J.-F. Champollion : Le 24 février au matin, nous courions le portique et les colonnades d'Edfou .... Ce monument imposant par sa masse porte cependant l'empreinte de la décadence de l'art Egyptien sous les Ptolémées, au règne desquels il appartient tout entier. Ce n'est plus la simplicité antique ; on y remarque une recherche et une profusion d'ornements bien maladroite, et qui marque la transition entre la noble gravité des monuments pharaoniques et le papillotage fatigant et de si mauvais goût du temple d'Esna, construit du temps des empereurs.