Pharaons !

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mardi 6 décembre 2011

L'héritage religieux de l'Egypte ancienne

Bien que l'Égypte ancienne ait exercé une certaine influence culturelle au-delà de ses frontières, il n'y eut parmi les nations du monde aucune communauté pour prendre sa succession lorsqu'à la fin de l'Antiquité le pays opéra la transformation qui en fit l'Égypte copte. Certains aspects de la religion égyptienne ont néanmoins laissé un héritage important, et le reconnaître apporte une nouvelle dimension à la compréhension de la culture judéo-chrétienne en Europe.

Le culte d'Isis et d'Osiris, qui promettait le salut personnel de l'âme, connut une large diffusion dans l'Empire romain. Les grands thèmes de cette religion à mystères se sont exprimés sous des formes qui ont influencé par la suite la littérature et l'iconographie chrétiennes : la Vierge à l'Enfant, le jugement de l'âme après la mort, la Cité céleste pour les justes et l'enfer avec ses tourments pour les damnés.

De surcroît, la « sagesse de l'Égypte » a représenté une référence (mal interprétée) pour les textes hellénistiques, égyptiens mais rédigés en grec, du Corpus hermeticus, ainsi que pour le néoplatonisme de Plotin (IIIe s. apr. J.-C.). Ces doctrines (et d'autres, tel le gnosticisme), fondées sur un enseignement ésotérique et sur la méditation, conditions nécessaires au salut de l'âme, se revendiquaient d'inscriptions hiéroglyphiques (qu'aucun Grec ni Romain ne savait lire) soi-disant dépositaires de toute sagesse.

Isis

IsisLa déesse mère par excellence. Selon la théologie Héliopolitaine, elle est la fille de Geb et de Nout, femme et soeur d'Osiris, mère d' Horus. On la représentait sous forme humaine, la tête surmontée d'un trône ou d'un disque solaire, ou parfois d'un vautour. On peut aussi la voir, sous la forme d'un vautour, survolant de corps momifié de son époux Osiris. En tant qu'incarnation de son trône, elle est une souce de pouvoir pour le Pharaon, qui ne manque pas de se faire représenter à ses côtés sur les monuments funéraires ! Son culte fut très répandu partout en Egypte, mais ce fut à Giza et à l'actuelle Behbeit El-Hagar dans le delta du Nil, et plus tard sur l'île de Philae, qu'il fut le plus fervent.

Le culte d'Isis se répandit très vite dans le monde gréco-romain, comme l'attestent ses sanctuaires de Délos et Pompéï. Son appellation latine était Stella Maris, l'"étoile des mers". Ce fut Isis qui retrouva et réassembla les morceaux d'Osiris que son frère Seth avait assassiné et démembré.

Ceci étant fait, elle prit la forme d'un oiseau, se posa sur le corps d' Osiris, et ainsi fécondée, donna naissance à Horus. Ces quelques faits soulignent la toute première importance de la déesse dans les rites funéraires et magiques de la résurrection. Horus naquit dans le plus grand secret à Khemmis, dans le delta du Nil, et demeura longtemps caché dans les marécages et les bosquets de papyrus par sa mère Isis. Devenu adulte, Horus put vaincre Seth, venger la mort d'Osiris, et devenir le premier roi d'une Egypte unifiée.

Isis, en tant que mère d'Horus, devint par extention la mère divine des pharaons. La relation entre Isis et Horus a probablement été reprise par les premiers chrétiens, car elle n'est pas sans rappeller l'histoire de Marie et de Jésus De plus, les représentations de Marie tenant Jésus sur ses genoux ressemblent fortement aux reliefs égyptiens d'Isis allaitant son fils...

lundi 5 décembre 2011

Le Temple d'Isis à Philae

Temple d'Isis à PhilaeL'île de Philae qui se trouve sur la première cataracte du Nil, est dominée par la masse imposante du temple ptolémaïque d'Isis, entouré d'autres monuments cultuels comme le temple d'Arensnouphis, ceux d'Hathor et d'Harendotès, et le kiosque de Trajan, que l'on voit à l'est.

A gauche du temple d'Isis, on remarque un long dromos avec un portique de 32 colonnes. Tous ces édifices étaient destinés à être complètement immergés après la construction du haut barrage d'Assouan : ils ont été entièrement démontés et transportés non loin de là, sur l'île d'Agilkia, qui est un peu plus élevée. Ce travail a été effectué de 1972 à 1980 dans le cadre de la campagne internationale pour le sauvetage des temples nubiens promue par l'Unesco.

Le second pylône du temple d'Isis, dont l'axe n'est pas perpendiculire au premier, délimite l'accès à la salle hypostyle qui marque le début de la partie la plus sacrée du monument ; il est décoré de deux scènes rituelles où l'on voit le roi Ptolémée XII Néos Dyonysos en train de massacrer ses ennemis.

Le kiosque de Trajan, du côté est un petit édifice aux proportions élégantes qui se compose d'un portique de 14 colonnes à chapiteaux campaniformes autrefois recouvert d'un toit en bois. Ce pavillion servait probablement aux cérémonies religieuses, quand la barque de la déesse Isis arrivait ou, au contraire, quittait l'île.