Pharaons !

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mardi 6 décembre 2011

Mykérinos

MykérinosMykérinos était le fils de Khéphren et de Khamernebti I. Il était marié à sa soeur, Khamernebti II, avec qui il eut un fils, Khunre, qui mourut très jeune.

Il a probablement eu deux autres épouses, mais leurs noms ne nous sont pas parvenus. L'une de ces femmes lui donna un fils, Shepseskaf, son successeur, et 'lautre lui donna une fille, Khentkaus I, qui a peut-être épousé Ouserkaf, le premier roi de la Ve Dynastie.

Selon la Liste Royale de Turin, son règne dura 18 ou 28 ans. La plus récente année de règne attestée remonte au 11ème comptage des troupeaux, ou à l'année qui suivit. Avec un recensement biennal, Mykérinos aurait au moins régné 21 ou 22 ans, ce qui, considérant son monument funéraire inachevé à sa mort, semblerait trop long. On penche donc en général pour un règne de 18 ans et un recensement des troupeaux irrégulier.

La Liste Royale de Turin place un autre roi entre Khéphren et Mykérinos, au nombre d'années de règne inconnu. C'est peut-être l'hypothétique roi Bakarê, qui était peut-être un autre fils de Khéops.

Contrairement à Khéops et Khéphren, Mykérinos fut plus tard considéré comme un roi bon et sage. Peut-être parce que sa pyramide, construite près de celles de Khéops et de Khéphren à Gizeh, fait un peu moins de la moitié de la taille de ces dernières. Le temple mortuaire construit devant sa pyramide fut complété un peu à la hâte par le successeur de Mykérinos, Shepseskaf.

lundi 5 décembre 2011

Khéphren

KhéphrenKhéphren était le fils de Khéops et d'Hénoutsen, et par conséquent le demi-frère de son prédécesseur Didoufri. Il épousa sa (demi ?) soeur Khamernebti I, avec qui il eut un fils, Mykérinos, et une fille, Khamernebeti II. Il fut aussi marié à Meresankh III, une fille de Kawab et Hétep-Hérès II, avec qui il eut au moins quatre fils : Nebemakhet, Niouserrê, Khenterka and Douaenrê, et une fille, Shepsestkaou. Ses autres fils étaient Nikaourê et Sekhemkarê, mais l'identité de leur(s) mère(s) n'est pas connue.

Nous ne savons pas non plus pourquoi c'est Khéphren qui a succédé à son demi-frère Didoufri et non son propre fils, Sethka. On suggère parfois que Khéphren a écarté ce dernier du pouvoir, mais il est tout aussi possible qu'à la mort de Didoufri aucun de ses fils n'ait survécu et que Khéphren était le descendant de Khéops le plus âgé. Son mariage avec Meresankh III, une petite-fille de Khéops, légitima sans doute plus avant son accession au trône.

La Liste Royale de Turin donne à Khéphren un règne de plus de 20 ans, Tandis que selon Manéthon et Hérodote il régna 66 ans. Sa plus récente année de règne enregistrée fut celle du 13ème comptage des troupeaux. Ces comptages ont été biennaux au moins deux fois pendant le règne de Khéphren, ce qui signifie qu'il a régné au moins 15 ans. Un règne de 26 ans est généralement accepté.

Durant son règne, la religion solaire gagna en importance. Son prédécesseur avait déjà ajouté "fils de Rê" à sa titulature. Khéphren continua cette nouvelle tradition.

La grande qualité et la richesse des tombes privées construites sous le règne de Khéphren montrent que l'Egypte était un pays prospère.

Khephren construisit son monument funéraire sur le plateau de Gizeh, près de celui de son père. Bien que la pyramide de Khéphren soit un peu plus petite que celle de Khéops, elle est bâtie plus en hauteur sur le plateau, donnant ainsi l'impression qu'elle est la plus grande des trois. La structure interne de la pyramide est aussi moins complexe que celle de Khéops.

Khéops

KhéopsKhéops est le second et le plus célèbre des rois de la 4ème Dynastie. Il était le fils de Snéfrou et de Hétep-Hérès I. Il a eu au moins deux épouses, peut-être même quatre, avec lesquelles il eut plusieurs enfants. La reine Mérititès lui donna Kawab, Djedefhor, Hétep-Hérès II and Méresankh II. Avec Hénoutsen, Khéops eut Khéphren et Khoufou-Kaf. Ses autres enfants sont Didoufri, qui lui succédera sur le trône, Hor-Baf, dont on dit parfois qu'il a pu devenir l'hypothétique roi Bakarê, et Khamernebti I.

Selon Manéthon et Hérodote, Khéops aurait régné 63 ans. La Liste Royale de Turin, toutefois, ne donne que 23 ans de règne au successeur de Snéfrou. (Bien que le nom du roi sur cette ligne de la Liste soit manquant, elle s'applique tout de même à Khéops, ce dernier étant successeur de Snéfrou.)

La plus haute année référencée dans le règne de Khéops est celle du 17ème comptage des troupeaux. cela signifie que Khéops a dû régner au moins 17 ans, si les troupeaux étaient comptés tous les ans, à 33 ans, s'ils étaient toujours comptés tous les deux ans.

Comme son père, Khéops semble avoir tenté d'établir une présence militaire plus ou moins permanente dans le Sinai, probablement pour empêcher les Bédouins d'interrompre le travail dans les mines de turquoise. Une inscription à Assouan montre l'intérêt que Khéops a porté à cette région, car c'était la principale carrière de granit nécessaire à l'élévation de sa pyramide. Une stèle trouvée près d'Abou Simbel et quelques fragments d'un objet d'albâtre trouvé à Byblos, indiquent un degré d'échanges commerciaux avec la Nubie et la Palestine.

Suivant l'exemple de son père, Khéops construira aussi son monument funéraire loin de ceux de ses prédécesseurs. Les activités de construction déménagèrent de Dachour à Gizeh, au nord de la capitale Memphis. Là il bâtit le monument qui fit de lui l'un des plus célèbres rois de l'Egypte ancienne : la Pyramide de Khéops.

Et dire qu'on ne connaît de ses représentations qu'une statuette votive de 7,5 centimètres de haut...

Hatschepsout

HatschepsoutRares furent les femmes de la famille royale qui devinrent pharaon mais Hatschepsout, fille de Thoutmosis I" et première épouse de son demi-frère Thoutmosis II, fut l'une de ces figures exceptionnelles. Elle donna une fille à Thoutmosis II mais pas de fils ; aussi, Thoutmosis II étant mort jeune, le titre de roi passa-t-il au fils d'une de ses épouses secondaires. Celui-ci, Thoutmosis III, n'était pas en âge gouverner seul et Hatschepsout devint donc régente. Entre la deuxième et la septième année du règne, Hatschepsout monta sur le trône et se para des attributs masculins de la royauté. Ses premiers portraits la montrent encore en habits féminins mais elle paraît ensuite dans le costume traditionnel du pharaon. Afin de légitimer ses prétentions, elle fit graver des inscriptions proclamant sa naissance divine et affirmant que son père l'avait nommée héritière de son vivant.

Hatschepsout ne remplaça cependant pas Thoutmosis III, qui régna à ses côtés. Ce fut un temps de prospérité pour l'Égypte, et Hatschepsout commanda de nombreuses constructions ; elle organisa également d'importantes expéditions commerciales et des campagnes militaires. Après vingt-deux ans de règne partagé, Thoutmosis se retrouva seul sur le trône, vraisemblablement par la mort d'Hatschepsout. Beaucoup plus tard - son règne dura cinquante quatre ans-, Thoutmosis entreprit de faire mutiler les monuments d'Hatschepsout, apparemment pour effacer toute trace de sa royauté. On a pu penser que la seule motivation de Thoutmosis était la haine mais une autre raison est possible : pour la plupart des Égyptiens, qu'une femme devînt pharaon était contraire à l'ordre naturel. Voyant approcher sa fin, Thoutmosis a pu vouloir, en effaçant la mémoire du pharaon Hatschepsout, empêcher qu'une autre reine n'accède au trône. Hypothèse que corroborerait le fait que son nom et son image n'ont pas été martelés sur les monuments qui représentent Hatschepsout en simple épouse royale.

Séthi Ier

Probablement associé au pouvoir dès l'accession au trône de son père, Ramsès Ier. Ce dernier est déjà âgé lorsque débute son règne alors que Séthi est un homme mûr, marié et père de Ramsès II. Son règne est assez court - il dure entre douze et quinze ans - mais il marque de son empreinte l'Époque Ramesside. En politique intérieure, le pharaon poursuit l'oeuvre de restauration des structures de l'État et des temples ; assure la reconstruction du temple d'Héliopolis et commence à faire édifier la Grande Salle hypostyle de Karnak et son temple funéraire à Gournah (Thèbes Ouest).

Séthi 1erParmi ses oeuvres majeures, il faut distinguer son temple funéraire à Abydos et sa tombe. Il a, en outre, fait rouvrir et inauguré plusieurs mines dans le Désert Oriental et recherché de nouvelles pistes pourvues de puits et de citernes (Wadi Miya, Wadi Abbad, Wadi Allaqi). Séthi renforce les liens avec le Delta - région dont sa famille est sans doute originaire -, choisissant Memphis comme lieu de résidence privilégié (symbole d'un retour aux origines de l'histoire pharaonique) et fait construire un palais à Tell el-Daba, site de l'antique Avaris. Il laisse également sa marque en politique extérieure : la Nubie est restée égyptienne, mais le pharaon souligne sa présence au cours d'une campagne contre Irem (pendant la huitième année de son règne), par des restaurations ou des créations d'édifices ainsi que par des stèles. Il fait ajouter une salle hypostyle au lointain temple de Napata, au pied du Gebel Barkal ; l'empreinte du roi apparaît pareillement à Bouhen, Aksha, Kouban et Philae. Lors de cette campagne qui le mène à Irem, Séthi Ier est appuyé par Amenemipet, le vice-roi de Koush, délégué royal et administrateur de la Nubie.

Mais Séthi Ier concentre son attention sur l'Asie ; parmi ses activités pacifiques, il faut souligner l'exploitation des mines du Sinaï et l'ouverture des lointaines mines de cuivre d'Atika, l'actuelle Timna en Israël. Sur le plan militaire, le pharaon mène plusieurs campagnes asiatiques qu'il fait représenter sur la paroi externe du mur Nord de la Grande Salle hypostyle de Karnak. En quatre campagnes, il s'avance au-delà de Qadesh en Syrie et reconquiert le Levant. Il fait d'abord campagne contre les Bédouins à l'Est du Delta et renforce le Chemin d'Horus constitué de forts et de puits. Durant ces campagnes, Séthi Ier combat surtout les Amorites, les Tjéhénou et les incursions hittites au Retenou. En raison du déclin de Mitanni face à l'ascension du royaume hittite du Hatti, Séthi Ier repousse les limites de la zone d'influence au-delà du fleuve Litani. L'Amourrou, la Syrie et les cités cô- tières phéniciennes sont désormais une zone d'affrontement entre la puissance hittite et le royaume d'Égypte.

À sa mort, il laisse un pays fort à la tête d'un empire digne des premiers pharaons de la XVIIIe dynastie. Le roi est enterré dans la somptueuse tombe qu'il a fait préparer dans la Vallée des Rois ; la tombe (KV 17) mise au jour par Belzoni en 1817 reste l'une des plus belles. Son décor pariétal aux couleurs vives et au style encore imprégné de la fraîcheur de l'art amarnien présente aussi une iconographie exhaustive en matière de théologie funéraire, incluant presque tous les livres funéraires. Le corps de Séthi a été transféré dans la cachette de Deir el-Bahari afin d'éviter les pillages de la XXIe dynastie, et c'est l'une des plus splendides momies qui nous soient parvenues.

Toutankhamon

ThoutankhamonLa découverte de sa tombe, pleine de trésors fabuleux, a fait de ce roi l'une des figures les plus célèbres de l'ancienne Égypte. Pourtant, il fut un pharaon de second plan, et malgré la richesse du matériel funéraire, sa vie, globalement, demeure assez mystérieuse. Il fut cependant le premier pharaon apparu avec une certaine clarté après la période de confusion qui suivit le décès d'Akhenaton.

À partir de son règne, l'histoire égyptienne est plus claire. Les origines de Toutankhamon sont restées longtemps mystérieuses. Des découvertes récentes laissent penser qu'il est le fils d'Aménophis IV / Akhénaton. On sait qu'à sa naissance il fut appelé Toutankhaton («Image vivante d'Aton »), mais que le nom fut transformé en Toutankhamon à l'époque, peut-être, de son couronnement. Ankhesenamon, fille d'Akhénaton et demi-soeur de Toutankhamon, devint son épouse avant qu'il n'accède au trône.

Il poursuivit la restauration entreprise par Néfernéferouaton et vers l'an X de son règne, les temples retrouvèrent leur splendeur. Plusieurs statues divines qui avaient été détruites furent recréées. Ainsi, on peut encore admirer des statues de dieux dotées du superbe visage de Toutankhamon. Les autres constructions de son règne qui ont subsisté jusqu'à nos jours sont assez rares quelques oeuvres à Karnak, mais surtout à Louxor, où il fit exécuter la splendide décoration de la colonnade du temple d'Amenhotep III, dont les parois furent recouvertes de scènes représentant la fête d'Opet. En Nubie, il y avait un temple à Paras. Un autre fut construit à Kawa.

Le souverain mourut entre dix-huit et vingt ans, peut-être assassiné, ce que laisserait entendre les blessures relevées sur sa momie. La mort inattendue du jeune roi contraignit les dirigeants à modifier tous les projets. L'absence d'héritier posa des problèmes et Ay, éminence grise du règne de Toutankhamon, finit par prendre le pouvoir.

Aménophis IV / Akhénaton

Aménophis IV / AkhénatonFils d'Aménophis III et de la reine Tiye, c'est l'un des personnages les plus célèbres et les plus controversés de l'égyptologie. On sait avec certitude que le pharaon (sous le nom d'Aménophis IV) commença à régner à Thèbes, où il fit ainsi bâtir divers monuments grâce à la nouvelle et géniale technique des «talatates» (blocs de grès susceptibles d'être portés par un seul homme), qu'il avait lui-même inventée. Les monuments élevés à Karnak furent détruits après la mort du roi. Réutilisés dans d'autres édifices, les fragments ont été mis au jour par les archéologues.

On a aussi trouvé des talatates à Louxor, Médamoud, Tôd et d'autres sites mineurs. Amenhotep IV épousa dès la première année de son règne l'illustre Néfertiti, qui lui donna au moins six filles. On sait que le souverain manifesta une très nette prédilection pour Ra-Harakhty. En l'an 5 de son règne, Amenhotep IV décida de fonder une nouvelle capitale : Akhétaton. En l'an 6, la cour s'y installa et le pharaon remplaça son nom personnel Amenhotep («Amon est satisfait») par celui d'Akhénaton, qui signifie littéralement «L'akh d'Aton» : «Celui qui plaît à Aton», «Agréable à Aton » ou, plus vraisemblablement, «Lumière d'Aton».

Le fameux «art amarnien » naquit en réalité à Thèbes : le pharaon lui-même fut l'inventeur génial des innovations artistiques qui le caractérisent. À Akhétaton, il fit bâtir des monuments solaires et développa le culte d'Aton, dont il se proclama le fils.

On lit souvent qu'après s'être décrété prophète d'Aton, Akhénaton se replia sur soi et se désintéressa du royaume. Ces affirmations ne renferment en fait qu'une part de vérité. Au début, l'Égypte conserva son ancienne puissance, et l'on trouve des signes du programme de construction du roi non seulement dans la capitale, mais également à Héliopolis et en Nubie (Sésébi, Soleb et Gempaaton, devenue aujourd'hui Kawa). Des documents postérieurs (époque de Toutankhamon) relatent en revanche que les temples des autres dieux étaient laissés à l'abandon. On sait par ailleurs que l'armée n'était plus aussi forte, et que l'État égyptien était en proie à la corruption. On en conclut qu'Akhénaton avait négligé ses devoirs politiques. Les immanquables vautours de la société firent le reste, en s'enrichissant aux dépens d'un pays soumis à un conrôle relatif. Cependant l'autorité du pharaon était encore observée en Nubie, et la grande quantité de vaisselle mycénienne retrouvée à Amarna, dans d'autres endroits de l'Égypte et en Haute Nubie, ainsi que de nombreux textes attestent l'existence de liens étroits avec l'Égée. Le souverain était respecté même en Asie, jusqu'à ce que l'expansion hittite entre directement en contact avec la zone d'influence.

Aménophis III

Aménophis IIIFils de Touthmôsis IV et de Moutémouia. Né à Thèbes, il fut désigné héritier du trône dès l'enfance. Âgé de huit ans à son avènement, il gouverna pendant environ trente-huit années. Il résida à Memphis jusqu'en l'an 29, puis décida brusquement de s'installer à Thèbes.

Le règne d'Amenophis III fut l'un des plus éclatants de l'histoire de l'Égypte dans le domaine artistique. Il marqua l'apogée du raffinement égyptien et posa les fondements du splendide art amarnien, créé par son fils Akhenaton.

On lui doit des monuments que l'on peut encore admirer aujourd'hui : une grande partie du temple de Louxor, avec ses colonnades, les colosses de la partie Sud de Karnak, les colosses dits de Memnon, assis devant son temple funéraire, son vaste palais de Thèbes Ouest, à Malgata, les temples de Soleb et de Sedéinga en Nubie, les décorations murales les plus fines, notamment les reliefs, de la nécropole thébaine. Amenophis, fils de Hapou, était un de ses architectes. Cette période se caractérise entre autres par les grands scarabées commémoratifs.

Hormis deux petites rébellions en Nubie, le règne d'Amenophis III fut pacifique. Du côté asiatique, l'empire demeura fermement entre les mains des Égyptiens, et le développement de la diplomatie, attesté par les «Lettres d'Amarna», accentua considérablement l'influence égyptienne. On accorda davantage de liberté aux principautés asiatiques, mais cela prépara les révoltes qui se produiront durant le règne suivant. Par ailleurs, les Hittites gagnaient du terrain à l'Est, au détriment de l'Égypte. Il existait déjà un culte d'Aton, que le roi privilégia sans pour autant négliger les autres divinités.

Le souverain célébra sa première fête-sed en l'an 34, puis deux autres en l'an 37. Les reliefs et les statues révèlent la forte corpulence du roi, qui était petit et gros, souffrait d'abcès dentaires et ne devait pas jouir d'une très bonne santé. Sa tombe (WV 22) se trouve dans la Vallée de l'Ouest, un bras secondaire de la Vallée des Rois, mais son corps fut transféré et caché peu après l'an 12 ou 13 du règne de Smendès (XXIe dynastie) dans le tombeau de son grand-père, Amenophis II (cachette KV 35). Sa momie, plus petite que celle des pharaons, fut remplie artificiellement pour pallier à l'amaigrissement radical du à une momification.

Aménophis II

Aménophis IIFils de Touthmôsis III, dont il fut le successeur et peut-être le corégent, et de Hatschepsout-Mérytré. Il monta sur le trône à l'âge de dix-huit ans et régna environ vingt-cinq ans.

Le roi ordonna la construction de plusieurs temples en Haute et en Basse Nubie, ainsi que dans diverses localités égyptiennes, mais il reste peu de traces de ces ouvrages : le plus important est le kiosque de fête-sed entre le 91 et le 10, pylônes à Karnak. Son règne fut marqué par de nombreuses révoltes en Asie, que trois campagnes réussirent à réprimer. La Nubie demeura pacifique et c'est de cette époque que date la première mention de Napata. Une tombe thébaine cite une expédition à Pount. Amenophis II est célèbre pour l'image qu'il aima laisser de lui : celle d'un grand champion de l'Égypte, guerrier et sportif, des qualités exaltées par plusieurs inscriptions. Il y avait chez lui un côté brutal et sanguinaire : on est surpris de voir un pharaon ficeler un prisonnier sur le timon de son char. Il fit également pendre et exposer à Thèbes et à Napata les cadavres de sept princes syriens (de Takhsy ou Tikhesy) prisonniers, qu'il avait lui-même tués avec sa massue.

L'absence, rarissime, d'une épouse royale complète ce tableau machiste le souverain se vantait en effet de «mépriser la soif du corps», à savoir l'attrait du sexe. Si l'on sait avec certitude qu'il a eu des enfants, ils sont de mère inconnue, sauf dans le cas de son fils aîné et successeur Touthmôsis IV.

Revêtant apparemment une importance mineure, le règne d'Amenophis II coïncida en réalité avec une mutation de la civilisation égyptienne, notamment dans le réalisme en sculpture et en peinture. De cette période, il nous reste un coffre à canopes en calcite orné de déesses tutélaires aux quatre coins, et des vases à la teinte bleu de cobalt qui sera une caractéristique de la XVIIIe dynastie. C'est au monarque en personne, et non pas aux Hyksos ou aux immigrants asiatiques, que l'on doit l'introduction de cultes de divinités asiatiques telles que Réshef, Hauron et Astarté.

Loret découvrit la tombe d'Amenophis II dans la Vallée des Rois (KV 35) en 1898, avec une partie du mobilier funéraire, la momie du souverain et celles d'autres rois placés là quand la sépulture fut utilisée comme cachette.

Thoutmosis III

Fils de Thoutmosis II et de sa seconde femme dénommée Isis, il accède au trône encore enfant. Son règne peut être subdivisé en trois parties. Durant la première, enfant, il est sous la tutelle de Hatschepsout, qui tient les rênes du pays en tant que pharaon. Pendant la seconde partie, il est adulte et règne aux côtés de celle-ci. Les deux dirigeants ne semblent pas s'opposer et Hatschepsout n'oublie pas de rendre hommage à son neveu sur les monuments. La troisième phase débute le «10, jour du 2e mois de la saison du peret, de la 22e année de règne» du pharaon (et de sa tante, compte tenu du fait qu'ils comptaient ensemble les années de règne), date à laquelle Thoutmosis devient seul souverain.

A partir du moment où le roi commence à régner seul, il s'engage dans des campagnes militaires qui sont la caractéristique de son règne. Ces campagnes sont dignes du grand-père, Thoutmosis I, dont le souverain semble vouloir suivre la trace. En effet, il fait graver des stèles dans les régions les plus éloignées de l'Empire, à côté de celles de l'ancêtre, qu'il utilise comme modèles. Ainsi, on trouve des traces du souverain de la Nubie à l'Asie. Celle-ci est la principale préoccupation de Thoutmosis, qui y conduit quatorze campagnes, la dernière au cours de la 39e année du règne. Les Annales de Karnak décrivent ces campagnes et d'autres documents les complètent (Stèle de Gebel Barkal, de Armant et la Stèle Poétique).

La première campagne est le théâtre de la célèbre bataille de Meggido (aujourd'hui en Israël, remportée par les Égyptiens. Puis, le roi poursuit sa conquête vers le Nord. Dans le cadre de la campagne menée au cours de l'an 8, le roi pousse jusqu'au Liban actuel et l'armée égyptienne est directement confrontée, pour la première fois de son histoire, à celle du Mitanni. L'ennemi fuit, et Thoutmosis le poursuit jusqu'au Grand Fleuve, déjà atteint par Thoutmosis Il, (l'Euphrate, peut-être). Là, Thoutmosis III fait graver des stèles à côté de celles de son grand-père puis va au-delà de cette limite. Il traverse le fleuve et pénètre dans une région où les Égyptiens n'étaient jamais allés. À son retour, il s'offre une mémorable chasse à l'éléphant dont il fait enregistrer le récit sur des documents officiels. La Nubie est toujours sous contrôle égyptien et le roi se rend à Kénissa où il fait graver une stèle identique à celle de son grand-père. Le souverain pousse plus au Sud, dans le pays de Miou, seulement pour l'explorer et profite de l'occasion pour y chasser un rhinocéros.

Thoutmosis IIISous Thoutmosis III et Hatschepsout, l'art fait des pas de géant dans tous les domaines. Les statues du roi, ainsi que les reliefs, sont d'une rare beauté, et son profil caractéristique, magnifiquement rendu par les artistes de la cour, est resté célèbre. Dans le domaine architectonique, il faut souligner que la majeure partie des édifices, pourtant revêtus des cartouches du roi, est due à Hatschepsout, et que les constructions de la troisième phase du règne sont néanmoins inspirées par celles de la reine.

Évoquons à présent les monuments de Karnak : tout d'abord l'Akh-menou (que l'on peut admirer de nos jours), une salle des fêtes grandiose élevée à côté du sanctuaire d'Amon. Parmi toutes les constructions de la cité d'Amon, citons simplement l'édification d'une enceinte supplémentaire, à l'intérieur de celles déjà existantes, l'ajout des 6e et 7e pylônes, le mur qui relie le 8e pylône (d'Hatschepsout) au temple ; l'érection des deux pilastres ornés des emblèmes élégants du Nord et du Sud, ainsi que de cinq obélisques ; le creusement du lac sacré à côté duquel il fait ériger un kiosque. À Thèbes Ouest, le pharaon fait édifier un temple appelé Heneqet-ankh, et modifie à Deir el-Bahari le Kha-Akhet de Hatschepsout, un temple dédié à Amon. Thoutmosis le transforme en temple plus grand, appelé Djoser-Akhet. Le monument s'élève entre la terrasse supérieure du temple d'Hatschepsout et le temple de Mentouhotep. Dans le reste du pays, on trouve son nom d'Héliopolis à Éléphantine. En Nubie, ses constructions sont à Kouban, Oasr Ibrfm, Ellessiya, Bouhen, Semna et Koumma, Saï, Gebel Dosha, Pnoubs, Gebel Barkal, sans parler des nombreuses rénovations et modifications de temples précédents.

Le souverain a plusieurs épouses, parmi lesquelles la Grande Épouse Royale Hatschepsout-Méritré, mère d'Amenhotep II, qui succédera à son père. Thoutmosis est au pouvoir pendant cinquante-quatre ans, mais il règne seul pendant trente trois ans. À sa mort, il est enterré dans la tombe qu'il a fait préparer dans la Vallée des Rois, pour suivre l'exemple d'Hatschepsout. La tombe (KV 34), qui est une des plus élégantes de la vallée, est inachevée. Comme Hatschepsout, le roi souhaita une salle funéraire et un sarcophage en forme de cartouche. Les murs de la salle sont décorés avec les scènes et les inscriptions du Livre de l'Amdouat. La dépouille du roi y fut déposée, mais elle fut transférée dans la cachette de Deir el-Bahari.

Dans la Vallée des Rois, le souverain avait fait préparer deux autres tombes : une pour Thoutmosis I et une autre pour son épouse Hatschepsout-Méritré.

Thoutmosis II

Thoutmosis IIFils de Thoutmosis II et de Moutnéfert, son règne fut bref, - guère plus de trois ans - (les treize années attribuées par les compilateurs de Manéthon sont dues à une erreur). Il fit entreprendre plusieurs projets architecturaux : en Nubie, on trouve des traces de son règne à Napata, Semna et Koumma ; en Égypte, à Éléphantine ainsi qu'à Karnak, où il fit construire la monumentale «Cour des fêtes», devant le 4e pylône. Plusieurs autres monuments portent son nom, mais souvent, il s'agit de constructions d'Hatschepsout que Thoutmosis III fit attribuer à son père. Avec sa seconde femme, Isis, il eut un fils, le futur Thoutmosis III qui, avec Hatschepsout, succéda à son père.

La tombe du roi n'a pas été identifiée avec certitude ; les candidates sont trois : la «WN A», à Bab el-Moullaq (aux pieds du sommet thébain, en ligne droite au Nord-Ouest du Ramesséum) ; la tombe de la Vallée des Rois KV 42 (attribuable à la femme de Thoutmosis III, Hatschepsout-Mérytré) ; et celle de Deir el-Bahari (DB 358). Aujourd'hui, on estime que cette dernière fut la sépulture originale du roi, que sa dépouille fut transférée une première fois, à la fin du Nouvel Empire, dans la tombe d'Amenhotep I, puis, sous la XXIe dynastie, dans la cachette de Deir el-Bahari. Le temple funéraire qui porte son nom, retrouvé près de Médinet Habou, fut en réalité construit par Thoutmosis III, en mémoire de son père.

Thoutmosis 1er

thoutmosis1.jpgSon accès au trône se déroula dans le silence. Son prédécesseur, Amenophis II, mourut jeune, sans héritier, et Thoutmosis ne prétendit jamais être son fils. Le roi mentionna seulement sa mère, une dame nommée Séniséneb, dont le seul titre était celui de mère du roi. Aucun problème particulier ne sembla affecter le début du règne. Thoutmosis Ier fut considéré, tant par ses contemporains que par les générations suivantes, comme un souverain absolument légitime.

Les monuments le représentent en compagnie de la reine mère, la puissante Ahmès-Néfertary, qui dut favoriser l'intronisation pacifique du souverain, lequel combla un vide du pouvoir. Bien que le règne de Thoutmosis ne durât que treize ans, il fut capable d'étendre les frontières de l'Égypte plus que ses prédécesseurs. Dans un premier temps, il s'intéressa à la Nubie et érigea des stèles frontalières à Tombos puis au niveau de la 5e cataracte (Kénissa), qui devint la frontière méridionale de l'Empire. Au Nord, il poussa jusqu'au coeur du Mitanni et posa peut-être ses stèles frontalières au bord de l'Euphrate.

Parmi ses constructions, il convient de citer celles de Karnak, qui sont les plus anciennes conservées sur le site. Il fit élever le 5e pylône, devant lequel il construisit, ensuite, le 4e. L'espace créé entre les deux pylônes est appelé Wadjiyt, et était la salle du couronnement, dédiée également aux célébrations royales. Devant le 4e pylône, on dressa deux obélisques qui furent vraisemblablement les premiers à être placés devant un pylône de temple. À Thèbes Ouest, outre sa tombe, on doit probablement à Thoutmosis la fondation du village de Deir el-Médina. Bien qu'au cours des siècles suivants, on considéra que les fondateurs étaient Amenhotep Ier et Ahmès-Néfertary. Thoutmosis I et Ahmès eurent deux filles, dont la première, Hatshepsout, devint reine puis pharaonne. Sa seconde femme, Moutnéfert, donna naissance à Thoutmosis II, successeur du père.

La sépulture du roi demeure un mystère. La biographie de son architecte Inéni rapporte le creusement d'une tombe destinée au souverain, restée non identifiée. Selon certains, il s'agirait de la tombe KV 20. Pour d'autres, celle-ci est attribuée à Hatshepsout. Dans ce cas, la tombe originale du roi n'a pas encore été découverte et pourrait se trouver dans une région éloignée de la Vallée des Rois. C'est cependant dans la tombe KV20 que la dépouille du roi fut déposée pendant quelque temps. La tombe KV 38, attribuée à Thoutmosis I, est probablement due à Thoutmosis III, qui voulut y transférer le grand-père, loin d'Hatshepsout. Le corps du roi n'a pas été identifié avec certitude, mais il doit s'agir de l'un de ceux qui ont été retrouvés dans la cachette de Deir el-Bahari. Un culte posthume fut voué à Thoutmosis I.

Aménophis 1er

Aménophis 1erIl "innaugura" la Vallée des Rois.

Fils du roi Ahmôsis et de la reine Ahmès-Néfertari, il accéda au trône avant l'âge de dix ans. Ceci expliquerait tant son inaction au début de son règne que l'importance de la reine mère, personnage de premier plan qui fut même divinisé. La situation politique intérieure et extérieure est stable quand Amenophis II arrive au pouvoir. C'est probablement la raison pour laquelle on ne possède pas beaucoup de documents historiques concernant son règne.

En l'an 8, il dirigea une expédition en Nubie qu'il pacifia et où il érigea un temple sur l'île de Saï. Il livra également combat aux Libyens révoltés, mais on ne relève aucun signe d'une quelconque action en Asie, une région qui demeura pacifique tout au long de son règne. Amenophis fit rouvrir les mines du Sinaï, en permettant aux Égyptiens d'y retourner après plusieurs siècles (depuis la XIIe dynastie), et fit ajouter de nouvelles parties au temple de Sérabit el-Khadïm. En Égypte, on rouvrit les carrières d'albâtre de Bosra et on inaugura les grandes carrières de Gebel el-Silsila. Des traces de son activité architecturale sont visibles d'Éléphantine jusqu'à Abydos. Le souverain construisit tout spécialement à Karnak, mais ses édifices furent ensuite entièrement démolis par Amenophis III, qui réutilisa les blocs dans le 3e pylône du temple où on les a retrouvés. Ces blocs ont permis de reconstituer la chapelle d'albâtre. Ses travaux dans le temple de Karnak datent sûrement de la fin du règne, car les parois extérieures ont été décorées par Touthmôsis Ier. Après les ajouts d'Amenophis Ier, le superbe monument s'arrêtait au 6e pylône.

Amenophis Ier n'eut pas de descendants, et bien que différents textes modernes affirment le contraire, il est aujourd'hui prouvé que Touthmôsis Ier n'était pas son fils. Amenophis Ier régna vingt ans et sept mois, et mourut à une trentaine d'années. Mentionné dans la liste des inspections de Ramsès IX, son sépulcre n'a pas été identifié avec certitude, mais il s'agit selon toute vraisemblance de la tombe répertoriée sous le sigle ANB de Dra Abou-el Naga (Thèbes Ouest). Déclarée par Carter comme étant le tombeau d'Amenophis Ier et d'Ahmès-Néfertari, cette sépulture serait donc le plus ancien hypogée royal de Thèbes. Dans ce cas, le roi fut le premier à séparer la tombe du temple. On découvrit le corps d'Amenophis II dans la cachette de Deir el-Bahari (DB 320) un magnifique masque en cartonnage recouvrait son visage. Cette momie royale est la seule dont on n'ait pas retiré les bandelettes à l'époque moderne. Le pharaon et sa mère Ahmès-Néfertari furent adorés en tant que protecteurs divins de la nécropole thébaine, et traditionnellement vénérés comme les fondateurs de Deir el-Médina.

Djéser

De son vivant, il est seulement connu par ses noms d'Horus et de Nebti : Netjerikhet, " le divin de corps ".

Djéser

Les sources postérieures, parmi lesquelles une nouvelle référence de royaume sur sa pyramide à degrés, confirment que le Djéser des listes royales et celui qui a fait construire la pyramide à degrés à Saqqara, Netjerikhet, sont une seule et même personne. Il était le fils ou le petit-fils de Nimaathapu - l'épouse de Khasekhemwi- et le fils ou le frère de son prédécesseur, Nebka. Trois Epouses Royales sont connues de pendant son règne : Inetkawes, Hetephernebti et une troisième dont le nom ne nous est pas parvenu. De même, on ne connaît pas le rapport entre Djéser et son successeur, Sekhemkhet.

Selon la liste royale de Turin, Djéser a régné pendant environ 19 ans. Comme son prédécesseur, il est possible que Djéser ait dû surmonter quelques problèmes politiques internes en montant sur le trône. Quelques inscriptions fragmentaires portent le nom de Djéser à Héliopolis et à Gebelein sont une indication de la politique de bâtisseur de Djéser. Une inscription se voulant règne de Djéser, mais datant en fait de la période ptolémaïque, montre comment Djéser a reconstruit le temple du dieu Khnoum sur l'île d'Eléphantine, à la première cataracte du Nil, et a ainsi mis fin à une famine en Egypte. Bien que cette inscription soit très certainement une fable, elle montre que deux millénaires après le règne de Djéser, on trouvait encore des traces de son passage à Elephantine. Il est possible que pendant le règne de Djéser, la frontière méridionale du pays ait été fixée à la première cataracte du Nil.

La politique étrangère de Djéser consistait en un établissement soigneux de colonies égyptiennes dans les endroits économiquement importants. Il a envoyé plusieurs expéditions militaires au Sinaî, pendant lequel les bédouins locaux ont été renversés. Le Sinaî joue en effet un rôle de première importance pour l'économie égyptienne, pour sa turquoise, son cuivre et ses divers minerais précieux. Il était également stratégiquement important comme zone tampon entre les bédouins asiatiques et la vallée du Nil. Djéser surtout connu, cependant, pour avoir fait construire la pyramide à degrés de Saqqara et le complexe de temples l'entourant. Son nom est associé à celui de l'architecte qui a conçu et construit les premiers bâtiments de pierre dans le monde, le grand-prêtre et vizir Imhotep, qui a également construit la pyramide à degrés du successeur de Djéser, Sekhemkhet. En plus des extraordinaires progrès technologiques et du savoir faire égyptien ancien, la construction du complexe funéraire de Djéser à Saqqara montre également les capacités d'organisation du gouvernement central.