Pharaons !

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mardi 6 décembre 2011

Tiye

TiyeReine d'Egypte de 1390 à 1352 environ, Tiye est l'épouse d'Aménophis III, sur lequel elle exercera une grande influence. En cela, elle prend une part active aux réformes de la XVIIIe dynastie. Tiye naît vers 1410 avant notre ère dans une famille de notables d'Akhmîm. Elle n'est donc pas de sang royal. Son père, Youya est prophète de Min, officier de la charrerie et maître des haras. Son frère Anan occupe la très haute fonction de second prêtre d'Amon.

Tiye épouse Aménophis III quand il a quatorze ans. Le pharaon règne alors depuis deux ans sur l'Egypte. Elle a six enfants, deux garçons et quatre filles. Un de ses fils est le futur Akhénaton et deux de ses filles, Isis et Satamon porteront le titre de reine. Sous la XVIIIe dynastie, les réseaux familiaux dominent la politique. L'influence de la reine sur les affaires du pays vient à la fois de sa forte personnalité et de sa longévité. Elle survit en effet à son mari et ne meurt qu'en l'an VIII du règne d'Akhenaton. Elle exerce un moment la régence aux côtés de son fils et le guide dans ses idées nouvelles.

Tiye est presque toujours représentée aux côtés de son mari dans les documents officiels. Pour la première fois, l'épouse prend le pas sur la reine-mère, traditionnellement dominante. Elle a le titre de " Grande Epouse du roi " . Elle est, à ses côtés, la personnification de Maât qui est l'ordre et la justice divine dont pharaon est le garant, et reçoit en tant que telle des privilèges. La reine est associée à toutes les manifestations du règne et assure des fonctions d'officiante dans les cérémonies, notamment lors du jubilé d'Aménophis III.

lundi 5 décembre 2011

Néfertari

Néfertari Les origines familiales de cette reine sont inconnues. Elle est la «Grande Épouse Royale» et l'épouse principale de Ramsès II. Avec Tiyi et Ahmès-Néfertari, elle est l'une des rares reines divinisées de son vivant. Elle joue un rôle de premier plan aux côtés de son époux, comme le démontrent de nombreuses représentations à proximité des statues royales et, surtout, le petit temple d'Abou Simbel, qui est dédié à la reine, identifiée à Hathor. Sa superbe tombé de la Vallée des Reines (QV 66) est une autre des raisons pour lesquelles Néfertari est restée célèbre jusqu'à nos jours.

Découverte en 1904 par Ernesto Schiaparelli, la tombe possède des fresques qui représentent le voyage de la noble défunte dans l'au-delà. Les scènes, qui s'inspirent du Livre des Morts, sont disposées de façon à retracer le parcours de l'âme de la reine. Après avoir descendu les escaliers et être parvenue dans la «salle d'or» (la salle du sarcophage), l'âme entre dans le royaume d'Osiris, où s'accomplit sa gestation. Ensuite elle subit les transformations de la transfiguration dans l'antichambre. C'est dans la petite salle annexe qu'est célébré le triomphe de la défunte qui, désormais, est prête à «sortir au jour», c'est-à-dire à ressusciter. Les magnifiques peintures murales étaient menacées par l'humidité et l'infiltration de sels qui faisaient disparaitre les enduits. Une première intervention, provisoire, a été effectuée en 1986 par l'Egyptian Antiquities Organization (E.A.O.) et par le Getty Conservation Institute, et a permis de sauver les parties les plus fragilisées (20% de la surface). Les travaux définitifs ont été menés à bien entre 1988 et 1994 par une équipe multidisciplinaire de l'E.A.O. et des archéologues italiens placés sous la direction de Paolo et Loura Mora.

Néfertiti

NéfertitiÉpouse d'Akhénaton avant que celui-ci ne devienne roi, elle est célèbre surtout pour sa beauté, immortalisée dans les splendides bustes du Caire et de Berlin, oeuvres du sculpteur Djéhoutymès. 0n ne sait pas grandchose de ses origines. On pense que sa nourrice et préceptrice Tiye ainsi que son époux Ay (qui, ensuite, devint pharaon) furent, en fait, ses parents. La chose n'est pas tout à fait sûre, mais elle est possible. D'ailleurs, en Égypte ancienne, il était fréquent que les parents des personnages royaux dont l'origine était éloignée de la famille régnante n'évoquent pas la parenté. L'essence divine était transmise à l'épouse royale et transgressait les liens du sang. À sa naissance, Néfertiti portait un autre nom que nous ignorons. Quant à l'hypothèse selon laquelle Néfertiti était une princesse du Mitanni, elle semble, aujourd'hui, définitivement abandonnée. Elle fut, en fait, la souveraine le plus souvent placée sur le même plan que le pharaon.

On estime qu'elle exerça une influence considérable afin d'encourager le culte d'Aton et la philosophie atonienne de son mari. Elle est en effet représentée sur les monuments aux côtés de son époux à l'occasion de toutes les cérémonies officielles. Une représentation la dépeint - chose exceptionnelle - en train de massacrer des ennemis, dans une iconographie généralement réservée au souverain. À Karnak, une allée bordée de sphinx faisait se succéder la tête du roi et celle de Néfertiti. Les scènes de sa vie privée sont, elles aussi, exceptionnelles et sont caractéristiques de l'art amarnien. Différents aspects de sa vie à la cour sont représentés : sur un char aux côtés de son époux qui l'embrasse affectueusement, à la «fenêtre des apparitions», en train de se montrer à la foule et de récompenser les méritants, ou encore dans son intimité, en compagnie du mari et de ses filles, ou lors d'un repas avec Tiye, sa belle-mère.

La reine donna sept filles à Akhénaton. L'hypothèse selon laquelle les deux dernières étaient celles d'un amant (peut-être le sculpteur royal Djéhoutymès) n'est pas impossible, mais relève plutôt du domaine des «archéo-commérages». La reine fut un personnage influent et de premier plan jusqu'à l'an XII du règne, date à laquelle elle disparut de la scène publique. Les nombreux objets portant le nom de Néfertiti retrouvés dans le «Palais Nord» (en réalité, il s'agissait probablement de l'opet royal) font penser à un retrait de la vie publique pour des raisons privées, comme les morts successives de certaines de ses filles. L'incertitude plane aussi en ce qui concerne sa sépulture : on sait que la tombe de la reine était une aile de celle du roi, dans le fameux «Wadi Royal» d'Amarna, mais on ne sait pas si la reine y reposa, car la tombe fut retrouvée saccagée. Cependant, l'hypothèse la plus plausible est celle selon laquelle Akhenaton reposait à Amarna et qu'à la mort de Néfertiti, son corps fut disposé à côté de celui de son époux. On ignore également si les dépouilles ont été détruites lors de la profanation ou si elles ont été transférées à Thèbes lorsque Amarna fut abandonnée.

Hatschepsout

HatschepsoutRares furent les femmes de la famille royale qui devinrent pharaon mais Hatschepsout, fille de Thoutmosis I" et première épouse de son demi-frère Thoutmosis II, fut l'une de ces figures exceptionnelles. Elle donna une fille à Thoutmosis II mais pas de fils ; aussi, Thoutmosis II étant mort jeune, le titre de roi passa-t-il au fils d'une de ses épouses secondaires. Celui-ci, Thoutmosis III, n'était pas en âge gouverner seul et Hatschepsout devint donc régente. Entre la deuxième et la septième année du règne, Hatschepsout monta sur le trône et se para des attributs masculins de la royauté. Ses premiers portraits la montrent encore en habits féminins mais elle paraît ensuite dans le costume traditionnel du pharaon. Afin de légitimer ses prétentions, elle fit graver des inscriptions proclamant sa naissance divine et affirmant que son père l'avait nommée héritière de son vivant.

Hatschepsout ne remplaça cependant pas Thoutmosis III, qui régna à ses côtés. Ce fut un temps de prospérité pour l'Égypte, et Hatschepsout commanda de nombreuses constructions ; elle organisa également d'importantes expéditions commerciales et des campagnes militaires. Après vingt-deux ans de règne partagé, Thoutmosis se retrouva seul sur le trône, vraisemblablement par la mort d'Hatschepsout. Beaucoup plus tard - son règne dura cinquante quatre ans-, Thoutmosis entreprit de faire mutiler les monuments d'Hatschepsout, apparemment pour effacer toute trace de sa royauté. On a pu penser que la seule motivation de Thoutmosis était la haine mais une autre raison est possible : pour la plupart des Égyptiens, qu'une femme devînt pharaon était contraire à l'ordre naturel. Voyant approcher sa fin, Thoutmosis a pu vouloir, en effaçant la mémoire du pharaon Hatschepsout, empêcher qu'une autre reine n'accède au trône. Hypothèse que corroborerait le fait que son nom et son image n'ont pas été martelés sur les monuments qui représentent Hatschepsout en simple épouse royale.

Reines d'Egypte

Reine d'EgypteÀ l'instar de celle de roi, la fonction de reine, incarnée par la mère du pharaon et par sa première épouse, était divine. Les deux femmes portaient les mêmes insignes et les mêmes titres ; l'iconographie les montre dans les mêmes scènes car elles se partageaient un rôle unique. Suivant la mythologie, le dieu solaire renaissait perpétuellement en fécondant tous les soirs la déesse du ciel, qui accouchait de lui tous les matins, si bien qu'elle était à la fois son épouse et sa mère. Le roi était son incarnation terrestre et le rôle de la déesse du ciel était donc tenu à la fois par sa mère et par sa première épouse. haspect divin de ce rôle était symbolisé par divers attributs que les reines partageaient avec les déesses.

On ignore quels critères présidaient à la désignation de la première épouse du pharaon mais ce pouvait être aussi bien leur soeur qu'une femme de naissance non royale. On a longtemps pensé que le roi épousait sa soeur parce que le droit de succession au trône passait par la femme, de sorte que l'homme qui épousait l' « héritière » devenait roi. Or, pour que cela soit vrai, il faudrait une lignée continue d'héritières descendant l'une de l'autre, lignée qui n'a jamais existé. Il semble plus plausible que les pharaons qui ont épousé leur soeur agissaient ainsi parce que ce genre d'union avait cours chez les dieux et non chez le commun des mortels : de cette manière, le roi soulignait sa nature divine et se démarquait de ses sujets.

Les témoignages qui nous sont parvenus ne nous renseignent guère sur la personnalité de telle ou telle reine mais la plus grande quantité de documents relatifs à certaines plutôt qu'aux autres donne à penser qu'elles ont été particulièrement prestigieuses. Deux des reines les mieux connues sont Néfertiti, épouse du roi « hérétique » Akhenaton (v. 1353-1336 av. J.-C.), et Néfertari, première épouse de Ramsès II. Aucune autre n'a su égaler la grandeur de Néfertiti et aucune ne fut représentée plus souvent sur les monuments royaux. Akhenaton abandonna le culte des dieux traditionnels au profit de celui d'Aton, le disque solaire, auquel il fit ériger plusieurs temples. Néfertiti y figure toujours, soit secondant son époux au cours des rites, soit officiant seule. Le plus célèbre portrait de la reine est cependant le buste polychrome qui se trouve aujourd'hui à Berlin et qui fut découvert dans l'atelier d'un sculpteur à Tell el-Amarna, sur le site d'Akhetaton, la capitale d'Akhenaton.

À côté de son temple d'Abou-Simbel, Ramsès II a fait construire un temple plus petit, consacré à la déesse Hathor et à la reine Néfertari. Toutefois Néfertari est surtout connue par les peintures de sa tombe de la vallée des Reines, dans la nécropole thébaine.

Cependant, parmi les reines, figure aussi une femme d'exception : la reine Hatchepsout, qui se fit carrément couronner pharaon !