Pharaons !

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mardi 6 décembre 2011

L'armée

L'armée du Nouvel Empire entretenait un noyau de soldats de carrière qui, en temps de paix, étaient stationnés dans les garnisons de haute et de basse Égypte, de Nubie et d'Asie . Lors des grandes campagnes menées en Asie, pour combattre le royaume du Mitanni et l'empire hittite ou pour réprimer des insurrections, le pharaon enrôlait un homme sur dix parmi les serviteurs valides des temples, afin qu'ils renforcent l'armée régulière.

Armée

Les fantassins constituaient des compagnies de 200 hommes, composées de 20 pelotons et regroupées en divisions (vaguement désignées par le terme d'armée), d'environ 5000 hommes, sous la bannière de leur dieu local. Les compagnies étaient commandées par des "porte-enseigne" qui tenaient un bâton surmonté des insignes de la compagnie ; les divisions l'étaient par des généraux. L'infanterie était armée de javelots, de poignards et de cimeterres mais l'armure se réduisait à un calot rembourré, à un bouclier ovale en cuir brut et à une tassette triangulaire. Les chars, en osier, étaient prisés pour leur vitesse plus que pour leur armement. L'aurige était coiffé d'un casque de cuir ou de bronze et vêtu d'une armure ; son passager disposait d'un arc, de flèches et de javelots. Cinquante chars formaient un escadron sous le commandement d'un capitaine, et des unités plus importantes étaient commandées par des colonels ou des généraux.

Cependant les forces égyptiennes les plus redoutées étaient les archers, qui utilisaient l'arc composite, très efficace. Ils étaient groupés en bataillons ayant leurs propres commandants ou bien affectés à des unités d'infanterie. Les armées étaient déployées avec un centre et des ailes, et les charges se faisaient d'un seul tenant. Les Égyptiens se montrèrent mal préparés à la guerre de siège : il leur fallut généralement faire durer les choses jusqu'à ce que les assiégés fussent vaincus par la faim.

L'expérience expansionniste de l'Égypte différait sensiblement dans ses deux grandes aires d'influence, le nord (Asie occidentale) et le sud (Nubie). Au nord, il y avait des États métropolitains indépendants, qui n'étaient toutefois pas assez forts pour résister seuls à l'Égypte mais qui, coalisés ou soutenus par une grande puissance, pouvaient espérer lui tenir tête ; ainsi par exemple de l'empire du Mitanni, qui utilisait les cités syriennes comme États tampons contre l'Égypte. Au sud, il n'y avait guère de grandes puissances ni de centres urbains. Une fois soumis le royaume de Kerma, peu après 1500 av. J.-C., l'Égypte n'eut guère de mal à reculer ses frontières jusqu'à quelque 480 kilomètres de l'actuelle Khartoum. L'administration impériale se développa plus rapidement dans les possessions africaines que dans la province cananéenne. La Nubie et le Kouch étaient gouvernés par un vice-roi qui présidait à une bureaucratie provinciale, calquée sur le modèle égyptien ; elle dépouillait le pays de toutes ses ressources, de son or en particulier. En Asie, au contraire, le pharaon autorisait les villes à garder leurs magistrats et leur structure sociale, tout en imposant aux chefs cananéens le serment d'allégeance.

Le mariage dans l'Egypte ancienne

CoupleLe mariage devait être considéré comme la norme pour un homme et une femme adultes mais nous savons peu de chose sur la manière dont les couples étaient constitués. La plupart des mariages semblent avoir été monogames, même s'il est parfois question d'hommes (en dehors de la royauté) qui avaient plus d'une femme. Nulle cérémonie, civile ou religieuse, ne sanctionnait le mariage : celui-ci avait lieu dès lors qu'un homme et une femme s'établissaient ensemble.

Le divorce n'était pas rare et se limitait au fait qu'un couple qui avait vécu ensemble se séparait. Le remariage était possible pour les femmes comme pour les hommes. Parmi les raisons de divorce, il y avait peut-être l'absence d'enfants ou l'adultère commis par la femme. En ce dernier cas, la femme risquait de perdre les biens auxquels elle avait en principe droit lors du divorce. En effet, l'adultère était pris très au sérieux et l'on jugeait inacceptable qu'un homme eût des liaisons avec des femmes mariées. La raison profonde en était que les maris transmettaient leurs biens à eurs enfants et voulaient donc être sûrs que leurs héritiers étaient effectivement leurs descendants biologiques. La maternité, bien entendu, n'était jamais mise en doute.

Une lettre écrite sous la XXe dynastie par une femme qui vivait à Deir el-Médineh, le village ouvrier de la rive gauche de Thèbes, retrace le scandale causé par un homme marié qui avait entretenu une liaison extraconjugale de huit mois, sans divorcer. Un fonctionnaire, après avoir empêché de justesse les amis de l'épouse éplorée de rosser le mari infidèle et sa maîtresse, exhorta l'homme à régulariser la situation d'une manière ou d'une autre. Cette lettre montre que, même si le mariage et le divorce n'étaient pas réglementés par l'État, ils comptaient assez pour que la pression sociale imposât de se conformer aux normes admises.